Joyeux Anniversaire à Joseph Marion Léandre Cap-haïtien, 9 mai 1945, 75 ans aujourd’hui.

Ancienne gloire du football haïtien, évoluant au poste d’arrière droit au sein du Racing Club Haïtien et de la sélection nationale (1973-1976.)
Marion Léandre honoré à New-York

Publié le 2015-07-01 | Le Nouvelliste

Parmi les personnalités haïtiennes de dimension internationale, dont Wyclef Jean et Emmeline Michel, honorées par la Haitian Heritage Awards le 24 mai dernier à Brooklyn, New York, étaient nominés Fritz André « Plantin » et Mario Léandre, deux membres de l’équipe haïtienne mondialiste de 1974. Si Plantin est de cette majorité des mondialistes à avoir émigré en Amérique du Nord et même en Europe (Wilner Nazaire), Mario Léandre n’a jamais été tenté par le grand large. Il est avec Serge Ducoste, Ernst Jean-Joseph, Guy Saint-Vil, Philippe Vorbe, Wilner Piquant, les six encore résidents en Haïti. À ce titre, ils doivent souvent répondre à des sollicitations diverses : représentations culturelles, conférences, interviews, interpellations de fans en pleine rue ou dans un bureau. Mais Mario Léandre demeure, après Philippe Vorbe, le plus médiatisé par sa participation en tant que commentateur lors des compétitions internationales de football. Mais à part avoir été international du Racing Club Haïtien, comme la plupart des autres internationaux, toutes générations confondues, Mario est mal connu, peut-être même sur le plan sportif. Car, talentueux, c’est-à-dire doué de cette capacité d’apparence native, il ne le fut point en tant que footballeur. Mario s’est appuyé sur une discipline de fer pour réussir dans le football qu’il adorait depuis sa tendre enfance capoise. Arrière latéral, son jeu se limite au strict nécessaire sur le plan technique : réception de balle, conduite, centre long. La compensation tactique et physique a été à la dimension de l’ambition de l’homme. Elle a permis à cet honnête footballeur, devenu père de famille modèle, de gravir avec patience tous les échelons de la hiérarchie sportive haïtienne : plusieurs fois champion avec le Racing Club Haïtien dont il est devenu le capitaine inamovible de 1972 à 1978, plus de 30 capes en sélection nationale, appelé par Franck Civil à renforcer le Victory lors du tournoi 30e anniversaire du club de Bas-Peu-de-Chose où participaient le Violette, le Cosmos de New York et le Miami Toros. Franck Civil, on le sait, a été le plus exigeant des puristes en matière de maîtrise du ballon : c’est dire que Mario avait su épurer sa technique. Et comme il n’avait pas arrêté de respecter son hygiène sportive comme un Spartiate et qu’il connaissait son poste de latéral sur le bout des doigts, personne n’avait trouvé à redire du choix de Civil. Mario fut « le travail fait footballeur ». C’est ce goût du travail et sa lumière tactique qui lui ont valu de gagner la confiance, jusqu’à l’amitié de l’Allemand Joseph Piontek, entraîneur de la sélection nationale fin 1975 à 1977. Mario avait réoccupé le poste de latéral droit de la sélection nationale quand Pierre Bayonne avait réoccupé le milieu de terrain après Munich. Mais ce pouvoir ne dura qu’un an. Toujours appelé par Piontek, très rarement titularisé, celui-ci garda cependant son latéral en sélection comme un conseiller officieux. Les deux compères maintinrent leurs rapports même après le départ de l’Allemand en 1977 et le jubilé de l’Haïtien le 9 mai 1978. Entraîneur, Mario Léandre Joseph a roulé sa bosse dans plusieurs clubs du pays et a été adjoint de Tassy en sélection nationale en 1981. Mario est l’homme des belles formules. Quand, à l’exposition d’anciens équipements du football haïtien tenue le 15 juin à la Bibliothèque nationale, des jeunes lui ont exprimé leur étonnement de ne pas le voir commenter les matchs de la Copa à la télévision, il répondit dans son plus pur style : « J’ai des amis puissants, invisibles et imprévisibles. » Et pour lui, me fit-il comprendre, quand je sollicitai une explication de cette phrase, il rétorqua : «La solitude est la rançon du vainqueur. » Mario sait être énigmatique, sauf dans ses rapports avec les amis, le football et sa famille de trois enfants et sa femme Rose-Marie Henry. Ah, une énigme enfin explicitée : si quelques-uns savaient que Marion est le vrai prénom de Mario, on ne savait pas que Léandre est le nom de sa mère et qu’il est le fils de monsieur Joseph. Salut Monsieur Marion Léandre Joseph.

Auteur: Patrice Dumond

 

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