Ernest Lamy (28 Décembre 1923- 3 Juin 1992)

Un des plus grands pianistes, chefs d’orchestre et arrangeurs haïtiens de tous les temps.
Nono Lamy est l’un des prestigieux chefs d’orchestres haïtiens qui eut le grand bonheur de diriger un orchestre philharmonique dans l’île voisine. Pianiste, accordéoniste, contre bassiste, il fut membre de la fanfare de Saint Louis De Gonzague sous la direction de frère Léon avec Raoul Guillaume et Guy Durosier.

Fils de Félix Lamy et de Adèle Guilbaud, cette dernière, l’initia au piano et aux premières notions de musique quand il avait huit ans. Il a pratiqué le piano classique jusqu’à l’age de vingt ans. Après le départ de sa mère pour l’eau delà, il joignit Jazz Guignard en 1943 pour gagner sa vie. Deux ou trois ans plus tard, il s’intègre dans le Jazz de Max Chancy, puis l’Orchestre Saieh et Ibo Lélé avec Rodolphe Legros. Un an après sa mort, Joe Trouillot dans une tête à tête Montréal en 1993 partageait avec nous les exploits de Nono Lami dans les Caraïbes, l’Amérique latine et l’Amérique du nord.. La mere de Lami balbutia, Joe Trouillot, lui payait une gourde pour chaque leçon de piano bien acquise. Il épousa Carmelle Benjamin de qui il eut deux filles qu’il nomma Emilie et Chantale.

Dans une entrevue accordée à Richard Legros en 1981, il rapporte que c’est sur la requête de Robert Baussan, Dodof Legros fonda l’orchestre Ibo Lélé avec des musiciens comme Nono Lami, Féfé Guignard, Victor Flambert etc. Pendant plus de cinquante années, Lami occupa presque toute l’espace musicale haïtienne de par ses arrangements et interprétations des airs populaires ou folkloriques. Raoul Guillaume et René Dor firent son éloge à la Television Nationale d’Haiti en 1989.

En 1952 rapporte Joe Trouillot, Lami remplace Issa comme maestro de l’orchestre Saieh mais, l’orchestre devient Orchestre Lami; il y resta jusqu’en 1955. Au cours de cette même année, il partit pour l’ile soeur en vue d’honorer un contrat. Pendant sa tenure comme maestro, l’orchestre publia deux disques portant les étiquettes ‘Citadelle’. Dans le premier disque figure Gonaïvienne chantée par Guy Durosier et Aida où la voix de Joe Trouillot résonnent avec beaucoup d’énergie, la puissance des cuivres et les instruments à percussion.. Dans le deuxième disque figure trois fois trois et Tato méringues populaires chantées par Joe Trouillot. En 1957, il s’est émigré au Canada et retourne en 1959 au pays natal. Quelques jours après son arrivé au bercail, il est employé par la direction du Casino International. Ce pendant, il obtint un contrat au meme instant que Joe Trouillot de Carlo Dorléan Juste, propriétaire du Perchoir D’Haiti au Canada. En 1971, il imprima avec Merci Gonzalez sur le label Ibo Records (ILP 165)un disque titré Ernest Lami y su Combo/ Merci Gonzalez Canta’. Il a vécu à Montréal de 1961 à 1992 et a collaboré avec des musiciens haitiens comme Alfred Dorlette, Victor Flambert, Jean Séjour, Joseph Trouillot et autres. Quand Ernest Lami s’est éteint, jai lu sur les ondes de Moman Kreyol, émission de radio diffusée sur le 1190 A M WLIB, un texte époustouflant du Dr Jean Pophete titré “Hommages Post- Mortem à Nono Lamy”. De ce texte publié plus tard dans Les Vieux Cahiers De Jean L. Prophète en 1998, nous extrayons cette phrase.

Pianiste, soliste et accompagnateur, chef d’orchestre, arrangeur, compositeurs, tous les créneaux de la musique haïtienne conservent encore les empreintes de son intuition plurielle et variée de musicien et d’artiste.’ Qu’est ce à dire de cette assertion?

Références
Entrevue avec Richard Legros Septembre 1981
Entrevue de Alan Lucien de la Télévision Nationale avec Ernst Lami/Raoul Guillaume/René Dor et Jean Guerry 1989
Entrevue avec Joseph André (Joe Trouillot) Aout 1993.Montréal, Canada.
Les Vieux Cahiers De Jean L. Prophète , Editions CIDIHCA
Consultant Michel Prèssoir Aout 2013
Texte: Adrien B. Berthaud
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