Daniel Fignolé

Daniel Fignolé, né à Pestel dans le département de Grand’Anse le 11 novembre 1913 et mort à Port-au-Prince le 27 août 1986, est un homme politique haïtien qui fut président de la République en 1957.
Il a été l’un des leaders les plus influents dans la période pré-duvalier, ainsi qu’un organisateur du travail libéral à Port-au-Prince si populaire parmi les travailleurs urbains qu’il fit appel à eux pour mettre en place des manifestations de masse, connue sous le nom de « rouleau compresseur ». Le 25 mai 1957, au milieu d’ un processus électoral chaotique et spirale de troubles civils, Fignolé a été désigné comme président en raison de sa popularité. Au pouvoir, il a promis d’augmenter le salaire quotidien et d’exprimé sa détermination de rester au pouvoir, suscitant la colère de ses adversaires. Sa politique est marquée par un contraste avec ses prédécesseurs. Il met en place une politique clairement antiaméricaine et oriente son gouvernement vers la droite radicale ce qui inquiète les États-Unis dans le contexte de la guerre froide. Après 20 jours à la tête de l’État, il est renversé par un coup d’État nationaliste dirigé par le général Antonio Kébreau.
Exilé à Miami sous le régime des Duvalier, il retourne à Haïti en février 1986 après la chute de Jean-Claude Duvalier.

Carrière politique
Professeur de mathématiques au Lycée Alexandre-Pétion de Port-au-Prince, il s’engage dans le mouvement syndical et fonde en 1946 le Mouvement National avec François Duvalier. Ses discours virulents lui valent une réputation de défenseur du peuple dans les quartiers populaires. Nommé ministre dans le gouvernement de Dumarsais Estimé, il se heurte à l’hostilité de Paul Magloire qui, devenu président, le fait emprisonner. Favorable à l’action politique sur le terrain, Fignolé se vante de pouvoir lancer ses partisans noirs dans les rues comme un « rouleau-compresseur »
En mai 1957, quelques semaines après le renversement du président provisoire Franck Sylvain par une coalition militaire, une guerre civile déchire le pays. Une partie de l’armée attaque les casernes Dessalines de Port-au-Prince. Des militaires et de nombreux civils trouvent la mort dans les affrontements et des manifestants se réclamant de Fignolé s’en prennent alors aux stations de radio, aux sièges des journaux et aux habitations. Le « Conseil exécutif de gouvernement » décide alors de confier la présidence provisoire à Daniel Fignolé, qui prend ses fonctions le 26 mai 1957.

Président
À peine nommé, Fignolé reporte l’élection présidentielle prévue le mois suivant et obtient d’exercer le pouvoir pendant six ans. Il impose une purge dans l’armée pour éliminer les officiers qui lui sont opposés et exige des postes pour ses militants. Ces dispositions déplaisent au chef d’état-major que Fignolé a lui-même choisi, le général Antonio Thrasybule Kébreau. Le 14 juin 1957, celui-ci s’empare du palais présidentiel avec ses soldats et oblige Fignolé à signer une lettre de démission, puis l’expulse à Miami à bord d’un avion de l’armée. Le lendemain, Kébreau annonce à la radio qu’un « Conseil Militaire du Gouvernement », formé par lui-même et deux acolytes, assurera la transition jusqu’à la tenue d’élections libres.
Deux jours plus tard, la rumeur de l’assassinat de Fignolé provoque une violente réaction de ses partisans qui incendient des immeubles et saccagent un bâtiment administratif. Kébreau réprime sévèrement l’émeute, de nombreux manifestants étant abattus ou jetés en prison.
À la chute de Jean-Claude Duvalier en 1986, Fignolé revient en Haïti, après 29 ans d’exil. Cinq mois plus tard, il meurt d’un cancer de la prostate à l’hôpital Canapé-Vert de Port-au-Prince.

 

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